Epais velours côtoyant la soie
Douces baleines de métal torsadé
Elégants coutils d'autrefois
Porteur de maladie, fauteur de mort
Elégance de la femme qui souffre
Serre donc plus fort
Retiens mon souffle
Les doigts courent sur les lacets
Par-derrière le long busc acéré
Je ne me lasserais jamais
De cette sensation éthérée
Taille de guêpe puis de rêve
A mesure que serre plus fort
Sans laisser aucune trêve
L'étau chatoyant que j'adore
Là où se pâmaient les mignonnes
Autrefois détruites par leur beauté
Je jouis de la légèreté de carbonne
Que confère une fine taille corsetée
J'aime les plaisir les plus complexes
Les plus étranges aux vues du monde
Je m'adonnerais même au latex,
Au bondage sans hésiter une seconde
Si la promesse m'est faite que les liens
Et j'en serais bienheureuse
Procurent une caresse digne du satin
Entre des mains amoureuses
C'est là sans doute mon vice
Mon fétichisme inavouable
Lorsque les liens s'immicent
Dans une forme immuable
